Laboratoire

Initié en 1985 par les plasticiens Maryvonne Arnaud et Philippe Mouillon, Laboratoire développe des interventions artistiques qui s’ancrent dans les singularités sociales et historiques des lieux de réalisation, d’un point à l’autre du globe (Rio de Janeiro, Johannesburg, Grozny, Alger, Marseille…) . Ces interprétations territoriales nourries d’une approche pluridisciplinaire (plasticiens, écrivains, géographes, urbanistes, philosophes, sociologues, compositeurs…) ambitionnent de renouveler l’espace public en le scénarisant et le représentant autrement. Avec Paysages-in-situ en 2015, Laboratoire engage un nouvel axe de prospective autour des formes collaboratives d’adresse au public et d’intelligence collective. Le Département de l'Isère a régulièrement travaillé avec Laboratoire dans le cadre de la valorisation du patrimoine de l’Isère (Traversées à La Bérarde, Collections de collections, Paysages-in-situ…).

Ça remue! Usages du monde

Ça Remue !
> Usages du monde
> musée Dauphinois
> les jeudi 15, vendredi 16 et samedi 17 octobre 2020

Entrée gratuite dans la limite des places disponibles. Réservation conseillée sur www.lelaboratoire.net/ca-remue-4/

La quatrième saison de paysage>paysages aborde le paysage par le dépaysement. On se sent parfois dépaysé devant un paysage, sans pourtant parvenir à cerner ce qui nous déconcerte, nous désoriente ou nous égare dans ce qui se tient face à nous, irréductible à nos expériences antérieures. De nouvelles émotions prennent formes, encore chancelantes, fragmentaires, équivoques, qui pourront lentement gagner en consistance, se clarifier. Cette quête du dépaysement a été longtemps une expérience esthétique rare, une recherche d’harmonie méditative ou initiatique. Certaines figures vagabondes comme Victor Segalen ou Nicolas Bouvier furent véritablement poreuses, traversées par le monde et ont rédigé des carnets éblouissants sur ses usages possibles. Mais dans la plupart des récits de voyage, l’exotisme a évité l’expérience troublante de l’altérité. Le timbre-poste, la carte postale, la page de veille des écrans d’ordinateur ou le dépliant d’agence de voyage sont en quelque sorte les icones insouciantes et illusoires de cette banalisation du dépaysement. Les paysages lointains se sont imposés dans nos imaginaires comme des décors hors sol, débarrassés des lignes de forces dérangeantes qui les innervaient en profondeur.

Cette extraction du sol domine désormais nos vies, y compris dans la perception de notre voisinage proche. Notre cadre familier apparait aujourd’hui sans cesse « dépaysé », vacant, noyé dans une uniformisation planétaire. La déterritorialisation est devenue l’expérience dominante du monde contemporain. C'est une forme amplifiée, mais comme inversée, du dépaysement. Elle désaccorde le lieu à ses soubassements, aux usages et aux complicités accumulés au fil du temps, pour ne laisser subsister qu’une dépouille démembrée de paysage. Les lieux de l’industrie touristique, de l’industrie agricole, des hubs de transport et des plateformes offshore occupent les pays comme une armée étrangère, dans l’amnésie, l’ignorance, le mépris des appartenances. Ce sont des lieux clonés sur un modèle dont la plantation coloniale fut à la fois le précurseur et le prototype. Des lieux qui s’épanouissent aujourd’hui uniformément et qui assèchent pourtant les potentialités du monde et les usages dissidents…

Nous vivons dans l'illusion d’une forme paysagère stable, multipliable à l’identique, alors même que la métamorphose rapide de nos écosystèmes nous rappelle chaque jour la nécessité d’une amplification de nos capacités de perception sensibles. Le dépaysement pourrait être fécond si nous apprenions à régler notre attention sur de minuscules portions de pays. Un réduit de paysage qui peut se révèler un condensé d’une densité insoupçonnée, et dont l’observation attentive permet de déployer des virtualités infinies.

Philippe Mouillon, LABORATOIRE

EXPÉRIMENTATIONS

Pour cette saison 4, Ça Remue ! invente des connivences nouvelles, iconoclastes et ludiques, entre porteurs d’intuitions scientifiques, artistiques et vernaculaires pour questionner nos usages du monde et les réinventer.

  • Nos nécessaires complices sont siffleurs d’oiseaux, anthropologues, bergères et bergers, performeuses, philosophes, physiciens, écologues, chasseuses d’échos, de nuages, architectes ou paysagistes…

  • Trois jours durant, ils vont concentrer leur énergie pour nous aider à ne plus surplomber le monde mais à l’accueillir tel qu’il palpite,

  • Le site historique du musée Dauphinois est transformé en un intense millefeuille d’expérimentations autour de ses composantes invisibles, négligées ou silencieuses, pour faire émerger des usages plus appropriés du monde.

  • En intercalant performances en extérieur, débats et conversations publiques, ces journées multiplient les formes d’intelligences collectives, de partage et de transversalités des savoirs afin de gagner en lucidité.

Le cycle Ça Remue !, intitulé Usages du monde, se déroulera au musée Dauphinois en clôture de la quatrième saison de Paysage>Paysages, les jeudi 15, vendredi 16 et samedi 17 octobre 2020.

PROGRAMME :

Usages du monde
TABLE RONDE PUBLIQUE 01 - MÉTAMORPHOSES
(entrée gratuite dans la limite des places disponibles. Réservation conseillée sur www.lelaboratoire.net/ca-remue-4/)
jeudi 15 de 10H à 13H
Chapelle / musée Dauphinois
Autour de Nastassja Martin, Marie-Pascale Dubé, Jean Bouscault et Johnny Rasse, Marie Chéné, Alexandra Engelfriet. « De plus en plus perméable, j’ai l’impression de prendre l’eau » résume Nastassja…. Ils sont artistes ou anthropologue, mais ils ont en commun de se tenir depuis l’enfance au bord de plusieurs mondes, les associant avec virtuosité par leurs capacités d’écoute, d’accueil, de traduction ou d’interprétation. Ils nous révèlent des voix enchevêtrées où l’humain et le non-humain dialoguent, des voix incertaines, fragiles, floues, déconcertantes, des résurgences obstinées qui nous offrent à percevoir comme une texture des premiers matins du monde ou à imaginer avec confiance les métamorphoses à venir du vivant.

Usages du monde
TABLE RONDE PUBLIQUE 02 - ANIMALITÉS
(entrée gratuite dans la limite des places disponibles. Réservation conseillée sur www.lelaboratoire.net/ca-remue-4/)
jeudi 15 de 14H à 17H30
Chapelle / musée Dauphinois
Autour de Pierre Janin, Bruno Caraguel et Gilles Clément pour débattre de territoires attentifs aux formes vivantes et qui y puisent inspiration. Les frères Janin sont architectes, éleveurs et paysagistes. Ils utilisent le bétail ou les labours comme des vecteurs performants d’aménagement paysagé. Ils prennent en considération, dans le sens le plus puissant du terme, la nature environnante, la densité poétique du lieu, les êtres vivants qui le peuplent pour penser les spécificités territoriales. Bruno Caraguel dirige la Fédération des alpages de l’Isère et développe avec le LABORATOIRE le projet d’implantation d’un troupeau pérenne sur le campus universitaire réaffirmant la place des animalités dans les humanités, enfin le jardinier Gilles Clément propose des approches respectueuses et confiantes dans les initiatives spontanées de la nature. Introduction par Jennifer Buyck

Usages du monde
TABLE RONDE PUBLIQUE 03 - ATMOSPHÈRES
(entrée gratuite dans la limite des places disponibles. Réservation conseillée sur www.lelaboratoire.net/ca-remue-4/)
vendredi 16 de 10H à 13H
Chapelle / musée Dauphinois
Le dépaysement est aussi un sujet politique et géopolitique. C’est sous l’angle des atteintes au paysage et aux saccages de nos milieux de vie que les artistes Douglas White et Anaïs Tondeur, la philosophe de l’art Catherine Grout, la géographe Anne-Laure Amilhat-Szary et les anthropologues Marc Higgin et Germain Meulemans nous invitent à débattre. Ils nous proposent de renouveler nos échelles et hauteurs d’observation, de resituer nos relations à l’horizon, notre manière d'être reliés au monde et à autrui, d'éprouver une co-présence vivante qui nous apporte la sensation d'un sol commun, dans son évidence et sa fragilité.

Les conversations artistes/chercheurs
vendredi 16 à 14H, 15H, 16H,
Le séchoir / musée Dauphinois
Durée : 60 minutes
Chaque heure, et durant une heure, les auteurs invités de la saison 4, artistes, chercheurs, porteurs de savoirs vernaculaires ouvrent un duo ou un trio en conversation :
14H : Alexandra Engelfriet, Cino Viggiani, Joël Chevrier, Inge Linder-Gaillard
15H : Jean-Pierre Brazs, Maarten van Eynde, Lucie Goujard
16H : Nastassja Martin, Alain Faure, Daniel Bougnoux, Olivier Labussière
17H : Rachel Gomme, Laure Brayer

Souvenirs de voyage   Douglas White
INSTALLATION
du 15 octobre au 15 décembre 2020
Parvis et espaces extérieurs / musée Dauphinois
Nous avions invité cet artiste anglais à s’installer durant plusieurs semaines dans un espace forestier pour mettre à jour les systèmes racinaires. Par soustraction minutieuse des couches d’humus, avec des outils et une méthodologie d’archéologue, Douglas révèle le réseau inextricable et les fragiles interactions, les complicités entre les différents arbres, arbustes, buissons, champignons qui tissent sous terre par des milliers de fils fongiques vivants, un tapis de câblages des mycorhizes reliant les arbres en gigantesques communautés.
Mais les contraintes sanitaires lui ont imposé une approche tout autre. Le mot dépaysement n’existant pas en langue anglaise, Douglas a collecté auprès des sociétés d’autoroute de la région des lambeaux de pneu abandonnés sur les bas-côtés qu’il tresse ensuite comme s’ils constituaient désormais, au même titre que les joncs, l’argile ou la pierre, la matière même du pays.

Portraits de ciel - Anaïs Tondeur
INSTALLATION
du 15 octobre au 10 novembre 2020
Chœur des religieuses / musée Dauphinois
Un ballon sonde météo équipé d’un filtre à particules taquine chaque jour les nuages. Expédié dans l’atmosphère au voisinage du Mont-Aiguille, il collecte et documente les particules de carbone rencontrées. Ces particules sont ensuite extraites des fibres du filtre dans un bain d’ions afin d’être transformées en encre, puis celle-ci en tirages photographiques. Ainsi, le tirage de chaque photographie est réalisé à partir des particules de noir de carbone collectées le jour où l’image fut captée. Ici, le ciel n’est plus un élément sublime du paysage, détaché de nos vies, mais l’indice inquiétant d’une atmosphère précipitée dans une ère nouvelle.

Le chant de l’aurore - Marie-Pascale Dubé
PERFORMANCE VOCALE
jeudi 15 à 10H
Chapelle / musée Dauphinois
vendredi 16 à 12H
Cloître / musée Dauphinois
Durée : 20 minutes
Cette comédienne-performeuse s’exprime avec des sons formés depuis l’enfance, des sons qu’elle ne sait pas alors qualifier, des sons qui s’échappent de sa gorge en conservant la présence opiniâtre d’autres états et d’autres lieux du corps. Aspirations, râles, vibrations, halètements, souffles, rien dans ce chant ne ressemble à la voix étalonnée en Occident. Plus tard, Marie-Pascale Dubé saura que ces formes chantées ont déjà existées, dans les chants de gorge animistes nord-américain. Elle ira l’apprendre auprès d’une mentor Inuk, expérience qui changera non seulement sa vision de l’histoire de son pays natal, le Canada, mais bouleversera son histoire intime, sensible, son rapport à la nature et au cosmos. Son chant continue d’évoluer en elle, de la surprendre, de la dépasser et dessine sa propre ligne de temps. 

Les chanteurs d’oiseaux - Jean Bouscault et Johnny Rasse
PERFORMANCE VOCALE
jeudi 15 à 18H30
vendredi 16 à 13H
Cloître ou chapelle ou verger / musée Dauphinois (en fonction de la météo)
Durée : 60 minutes
Ces faussaires nous invitent à traverser le paysage, l’oreille attentive au moindre virtuose caché dans les sous-bois. Merle, grive musicienne, sittelle torchepot, fauvette à tête noire, pouillot véloce, mésange, rouge gorge…, ils parviennent à reproduire à l’identique chaque concertiste, lui répondre en improvisant une conversation éblouissante, renouvelée au fil de la marche avec les différentes espèces présentes ce jour-là sur le site.

Avec les arbres - Rachel Gomme
PERFORMANCE DANSÉE
samedi 17 à 16H
RDV cour d’entrée / musée Dauphinois
Durée : 30 minutes
Repli météo : annulation
Cette performeuse aborde le paysage urbain par les arbres. Elle imagine une ville qui serait une forêt peuplée d’humains plutôt qu’une métropole décorée d’arbres. Elle compose de vastes échanges d’intimité en invitant chacun à s’appuyer sur leur silence et leur immobilité pour élargir notre perception des paysages, en utilisant le souffle individuel pour converger en une seule respiration collective.

À petite dose… - Marie Chéné et Sophie Vaude
PERFORMANCE POÉTIQUE
vendredi 16 à 11H
samedi 17 à 11H et 14H
Chapelle, Cloître, espaces extérieurs du musée Dauphinois
Durée : 20 minutes
Poète et plasticienne, Marie Chéné joue avec les syllabes et les sons. Elle s’attache aux mots et aux fragments de phrases « déjà-là » ou « déjà écrits » pour mieux en souligner les richesses. Durant l’automne 2016, elle a repéré divers lieux d’écho en Isère à l’invitation de paysage>paysages. Puis elle a écrit pour les parois afin que l’écho complète ses phrases : “Cherchez le mur” complété par l’écho donne “ Cherchez le murmure ”, “ À petite dose ” devient “ À petite dose, ose ” et, dans un lieu où l’écho est plus long, “ Jamais l’étonnement ” se transforme en “ Jamais l’étonnement ne ment ”. Les paysages sont ainsi faits de mots, de noms propres ou communs, de phrases qui tentent de dire nos émotions. En duo avec la comédienne Sophie Vaude, Marie Chéné nous invite ici à tester les qualités acoustiques des murs du cloître et de la chapelle.

À côté du réel - de Rachid Oramdane, interprété par Lora Juodkaite  
PERFORMANCE DANSÉE
samedi 17 à 12H
samedi 17 à 15H
Cloître / musée Dauphinois
Durée : 20 minutes
Repli météo : annulation
Danseuse de longue date au côté de Rachid Ouramdane, Lora Juodkaite est reconnue pour sa pratique vertigineuse et exceptionnelle de la giration. Elle pratique ce tournoiement depuis l’enfance, comme un rituel quotidien qui la transporte dans un état second. Ce mouvement intrigant et hypnotique plonge le spectateur dans un état particulier qui l’invite à redécouvrir et contempler le lieu sous un angle inconnu. De cette expérience troublante, jaillit une complicité, une intimité intense avec ce qui traverse cette femme. 

Intensité des nuages - Philippe Mouillon
DÉRIVE POETIQUE
Les 15, 16, 17 octobre 2020
Cloître / musée Dauphinois
Contempler les nuages est une activité offerte à tous, et qui n’exige que de l’attention, de la sensibilité et de la patience. Pour s’y livrer, il vaut mieux attendre une météo capricieuse et incertaine. On peut jouer à plusieurs, en s’accoudant par équipe à chacun des puits jumeaux du cloître, puis en comparant à voix basse les figures extravagantes apparues dans chacun des reflets. On peut aussi jouer seul, en plongeant son regard afin de contempler le ciel gisant sous terre comme une promesse.

Fabularium - Hélène Michel
PERFORMANCE POÉTIQUE
Les 15, 16, 17 octobre 2020
Montée Chalemont et les extérieurs du musée Dauphinois
Ce dispositif invite le passant à écrire une lettre d’amour, de regret ou de rupture au paysage. Mais si c’est une rupture, est-ce alors un dépaysement ? Installés en plein air, ce bureau mobile et sa machine à écrire offre un moment protecteur au participant pour porter son attention sur un détail du paysage. Ces lettres qu’elles soient émouvantes, laconiques, drôles ou crues seront autant de signaux sensibles d’un paysage réinterprété.

Babel - Jordi Galí et la compagnie Arrangement provisoire
PERFORMANCE DANSÉE
samedi 17 à 17H
Parvis du musée de Grenoble
Durée : 50 minutes
Repli météo : annulation
BABEL c’est une tour de 12m de haut, une utopie assemblée puis manipulée par 25 personnes en direct sous l’œil des spectateurs. De son élévation à sa dépose, la tour se fait l’écho du groupe au sol, traduit la qualité des relations présentes. Une œuvre d’ensemble, puissante et fragile, intime et monumentale.
Pour vous inscrire et participer à cette création participative qui se déroule sur deux week-ends, au cours desquels les participants sont invités à partager un processus de création contact@lepacifique-grenoble.com

Ça remue ! est une initiative de LABORATOIRE réalisée avec les soutiens de l’Idex Univ. Grenoble Alpes, le Département de l'Isère, la Fondation Carasso sous l’égide de la Fondation de France, en collaboration avec les laboratoires PACTE, LECA, CRESSON, LARHRA, MSH-Alpes, CNRS, la Fédération des Alpages de l’Isère, le Pacifique, le CCN2, local-contemporain, l’ESAD.

Pourquoi ici ? de Jean-Pierre Brazs
INSTALLATION
ViaRhôna, à hauteur de l’Isle de la Serre, PORCIEU-AMBLAGNIEU

Jean-Pierre Brazs utilise les codes visuels habituels de la signalétique routière. Mais alors que les panneaux du code de la route indiquent les dangers ou les directions, ils signalent ici des détails négligés du paysage - les nuages, les truites farios ou la ligne d’horizon….
Dans un de ses « contes paysagers », Jean-Pierre Brazs a imaginé que les mots nécessaires pour désigner le paysage s’effaçaient des livres des bibliothèques rendant impossible l’émotion de la lecture et sans objet la contemplation du paysage. Le mot « Cime » avait disparu, tout comme « ravin », « vallée », « combe » et « pâturage ». Ce fut une catastrophe. Des pans entiers de textes littéraires, de carnets de voyage et de comptes rendus d’études se liquéfiaient en d’incompréhensibles et plates phraséologies. Mais sur la ViaRhôna les mots sont bien là, comme une ponctuation pour sous-titrer la beauté du monde.

Avec le concours de la CNR.
Visible tous les jours du 21 juin au 21 septembre.

 

Pinpointing Progress de Maarten Vanden Eynde
INSTALLATION
Parvis du château, domaine de Vizille, VIZILLE

La sculpture Pinpointing-progress de Maarten Vanden Eynde prend appui sur le célèbre conte des frères Grimm « les musiciens de Brême » dans lequel un âne, un chien, un chat et un coq décident de s’entraider pour survivre. Grimpant les uns sur les autres, ils obtiennent une silhouette animale monstrueuse et braillent à tue-tête pour effrayer leurs ennemis.
Mais ici les animaux cèdent la place à nos outils de communication automobiles, radiophoniques ou digitaux qui s’empilent au fil des vagues d’innovation technique et de nos désirs, avant de se muer dans l’indifférence en déchets.
Traversé de part en part par une épingle de 10 mètres de haut, comme le serait un gigantesque insecte fixé au sol, cet assemblage radieux nous suggère les bienfaits du désordre et de la désorientation….

Avec le concours du Domaine de Vizille.
Visible tous les jours du 21 juin au 21 septembre.



Rétrospective Local-contemporain
EXPOSITION
Maison de l’architecture, GRENOBLE

La Maison de l’Architecture de l’Isère invite la revue local-contemporain à présenter une rétrospective de ses numéros passés. Créée en 2003, local-contemporain associe des artistes, des chercheurs en sciences humaines et sociales, et des porteurs de savoirs vernaculaires pour comprendre le local, ses formes et ses usages à l’heure de la mondialisation. De nombreux auteurs, vivant ici ou à l’autre bout de la planète, ont contribué à cette aventure éditoriale - ainsi Maryvonne Arnaud, Stefano Boeri, Daniel Bougnoux, Bruno Caranguel, Patrick Chamoiseau, Antoine Choplin, Yves Citton, Caroline Duchatelet, Alain Faure, Éléonor Gilbert, Serge Gros, Jean Guibal, Michael Jakob, Guillaume Lebaudy, Chloé Moglia, Mathieu Pernot, Abraham Poincheval, Pierre Sansot, Ingrid Saumur, Eugène Savitzkaya, Bernard Stiegler, Henry Torgue, Martin Vanier… une aventure qui accompagne attentivement paysage>paysages depuis sa première saison.

Proposée par local-contemporain et la Maison de l’Architecture.
Du mardi 22 septembre au vendredi 20 novembre. Du lundi au vendredi de 13h30 à 18h.
Maison de l’architecture, 4 place de Bérulle. Renseignements : 04 76 54 29 97.

PAYSAGE>PAYSAGES est piloté et coordonné par la direction de la Culture et du Patrimoine du Département de l'Isère sur une proposition artistique initiale de LABORATOIRE.